Vivre un pow-wow en région éloignée à Manawan

11 septembre 2017

Un pow-wow est une expérience culturelle intéressante à vivre. Retrouvez le récit de cette journée immersive dans une communauté autochtone atikamekw en région éloignée, à Manawan dans Lanaudière.

Longue route vers Manawan, une communauté autochtone en région éloignée

Le samedi 19 août dernier se tenait la 12e édition du Pow Wow de Manawan. J’accompagnais un petit groupe organisé pour l’occasion par l’agence Voyages Louis Cyr et du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière. Manawan est un village autochtone situé en région éloignée, à près de 4 heures de Montréal, au nord de Saint-Michel-des-Saints dans Lanaudière. À 7 h 30 du matin, la conductrice, la responsable de l’agence et deux accompagnatrices bénévoles du Centre d’amitié autochtone, dont une dame atikamekw, nous attendaient à notre point de rencontre de Joliette. Je n’avais aucune idée de l’endroit où se trouvait Manawan et encore moins du chemin qui nous attendait pour rejoindre le village. C’est à travers un épais brouillard matinal et une faible pluie que nous avons d’abord rejoint Saint-Michel-des-Saints, avant de prendre une route non asphaltée, de terre et de gravier, au cœur de la forêt afin de parcourir les 86 kilomètres restants.

La communauté atikamekw de Manawan

Après s’être enfoncés pendant plus d’une heure et demie au cœur d’une épaisse forêt et à subir les nombreuses secousses, nous sommes arrivés à Manawan, une communauté autochtone de plus de 2 500 habitants dont la presque totalité sont Atikamekw. Après une visite éclair du village, nous nous sommes dirigés vers le site du Pow-Wow. Ce rassemblement à vocation initialement spirituelle accueille des communautés autochtones d’Amérique du Nord et repose principalement sur différents types de danse accompagnés de chants traditionnels.

Expérience du pow-wow

Pour les amateurs de photographies et les vidéastes, un pow-wow est un régal visuel et auditif. Il se caractérise principalement par l’habillement et les maquillages très colorés des participants. Événement qui se veut familial, on y retrouve des personnes âgées, des hommes et des femmes adultes ainsi que des enfants et des adolescents de tous les âges.

 

Place aux danses traditionnelles

La danse de la Grande Entrée, qui sonne le début des festivités de la journée, fut retardée à 13 h. Pendant que les participants se préparaient au grand moment, nous en avons profité pour fouiner les kiosques d’artisanat et pour manger une bouchée avant que les danses commencent.

Bien que des mets plus traditionnels étaient offerts, tels que des brochettes de doré, je me suis plutôt tournée vers une poutine, rien de très original finalement. Bien repus et installés dans les estrades, nous attendions impatiemment le début des danses. Vint d’abord celle de la Grande Entrée, considérée comme la plus importante. Il eut une petite cérémonie pour la délégation des porteurs de drapeaux et la mise en place des quatre lignes de force qui représentent les points cardinaux et les quatre parties du cercle de vie.

Les habits rivalisant de beauté, ce sont surtout les hommes qui arborent les habits les plus impressionnants, chacun ressortant le guerrier en lui. Les couleurs et les plumes sont à l’honneur, on dirait presque des oiseaux prêts à s’envoler.

Un des hommes attira mon attention, son corps et sa tête étaient recouverts du pelage et de la tête d’un ours. Des jupes des femmes, on entendait le tintement des clochettes qui y sont cousues.

 

Les mouvements de danse semblent simples et complètement absents d’une certaine chorégraphie entre les participants. Chacun semble y aller au meilleur de sa connaissance et de son état physique, connecté au rythme de la musique qui résonne dans l’air. Bravant souvent la pluie, les danseurs et danseuses nous ont offert toute une cérémonie.

Certaines danses étaient ouvertes à tous. Mon inhibition repoussée, je me suis jointe au groupe pour avancer, autour du poteau central portant les bâtons, par petits mouvements de pieds. Cela peut sembler banal, mais c’est un peu plus technique que je ne pensais et assez « cardio » aussi!

Durant les danses, il faut être attentifs, car il y a certaines règles à respecter, comme ne pas prendre de photos lorsque les hommes font appel aux ancêtres. Ce sont dans ces moments que l’on comprend le caractère sacré de cet évènement.

L’envoûtement des chants et de la musique traditionnelle

Outre le site principal où se tiennent les danses, toute la magie du pow-wow repose sur les chants traditionnels où les hommes se regroupent autour d’un grand tambour pour chanter et jouer à l’unisson. Plusieurs groupes se relaient, chacun autour de leur tambour respectif. Quand on comprend la force de la voix que cela nécessite, c’est à se demander si les chanteurs en ont encore à la fin de la journée. Des femmes accompagnent parfois les hommes, se tenant à l’écart, mais dont la force de la voix se fait entendre parmi celles des hommes. Il est facile de se laisser envoûter par ces chants et la puissance du tambour.

 

Une journée bien remplie

Avec la météo très changeante et les averses de pluie, nous étions complètement trempés lorsque nous avons rejoint notre petit autobus autour de 15 h. Avant de repartir pour Saint-Michel-des-Saints, nous avons fait un court arrêt à l’église du village où se terminait la cérémonie d’un baptême. À l’intérieur, plusieurs éléments autochtones sont présents et rappellent l’esprit de la communauté. J’ai trouvé l’église très charmante. Nous avons terminé notre journée avec un souper de groupe Au Vieux Moulin à Scie à Saint-Michel-des-Saints avant de repartir repus et la tête pleine de souvenirs jusqu’à Joliette après cette longue journée haute en couleur.

Informations pratiques:

Le site de Tourisme Manawan donne de l’information sur le pow-wow et les dates de l’événement.

L’Agence Voyages Louis Cyr offre une escapade d’une journée pour assister au pow-wow de Manawan. 450-886-0009

Rachel Latour

Pour suivre mes aventures autour du globe et au Québec, c’est ici sur le Blogue voyage Découverte Monde.  

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